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Extrait de "l’âge des extrêmes"

Eric Hobsbawm

jeudi 24 janvier 2008

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS et les Etats-Unis sont face à face. C’est le début de la guerre froide... Pour cet historien, les Américains en sont les grands responsables.

Comment expliquer les quarante années de confrontation armée et mobilisée, fondée sur l’hypothèse toujours invraisemblable et, en l’occurrence, manifestement infondée, que la planète était si instable qu’une guerre mondiale pouvait éclater à tout moment et n’était évitée que par une dissuasion mutuelle permanente ? En premier lieu, la guerre froide reposait sur une conviction occidentale, qui paraît absurde avec le recul, mais semblait assez naturelle à la suite de la Seconde Guerre mondiale, à savoir que l’Ere des catastrophes n’était aucunement terminée, et que l’avenir du capitalisme mondial et de la société libérale était loin d’être assuré. La plupart des observateurs s’attendaient à une grave crise économique après la guerre, même en Amérique, par analogie avec ce qui s’était passé après la Première Guerre mondiale. Un futur Prix Nobel d’économie évoqua en 1943 la possibilité, aux Etats-Unis, de subir la « plus grande période de chômage et de dislocation industrielle qu’une économie ait jamais connue ». En réalité, les projets du gouvernement américain pour l’après-guerre se préoccupaient bien plus concrètement de prévenir une nouvelle Grande Crise que d’empêcher une nouvelle guerre - éventualité sur laquelle Washington ne s’était penchée que de manière divisée et provisoire avant la victoire.

Si Washington prévoyait de « grands troubles après la guerre », minant la « stabilité - sociale, politique et économique - du monde », c’est qu’à la fin des hostilités les pays belligérants, à l’exception des Etats-Unis, étaient un champ de ruines peuplé par des populations que les Américains croyaient affamées, désespérées et probablement radicalisées, toutes disposées à entendre l’appel à la révolution sociale et à des politiques économiques incompatibles avec le système international de la libre entreprise, du libre-échange et de la liberté des investissements, censé sauver l’Amérique et le monde. De surcroît, le système international d’avant-guerre s’était effondré, laissant les Etats-Unis face à une URSS communiste considérablement renforcée sur de vastes étendues de l’Europe et des étendues plus énormes encore du monde non européen, dont l’avenir politique semblait très incertain : sauf que, dans ce monde explosif et aléatoire, tout ce qui survenait avait plus de chances d’affaiblir le capitalisme et les Etats-Unis et de consolider la puissance qui avait vu le jour par et pour la révolution.

La situation qui prévalait au lendemain de la guerre dans nombre de pays libérés et occupés paraissait miner la situation des hommes politiques modérés, qui avaient peu de soutien en dehors de leurs alliés occidentaux et qui, à l’intérieur de leurs gouvernements comme à l’extérieur, étaient assaillis par les communistes - partout sortis de la guerre renforcés comme jamais ils ne l’avaient été, et devenus parfois les premiers partis et forces électorales de leur pays. Le président du Conseil français (socialiste) se rendit à Washington pour prévenir que, sans aide économique, le gouvernement risquait de tomber au profit des communistes. La terrible récolte de 1946, suivie par l’effroyable hiver de 1946-1947, rendit plus inquiets encore les hommes politiques européens et les conseillers de la présidence en Amérique.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que l’alliance de guerre entre la grande puissance capitaliste et son homologue socialiste, désormais à la tête de sa zone d’influence, ait éclaté : tel est bien souvent le destin des coalitions, même moins hétérogènes, à la fin des conflits. De toute évidence, cependant, cela ne suffit pas à expliquer pourquoi la politique des Etats-Unis - les alliés et clients de Washington, à l’exception possible de la Grande-Bretagne, étaient nettement moins surchauffés - devait se fonder, tout au moins dans les déclarations publiques, sur un scénario cauchemardesque : celui d’une superpuissance moscovite s’apprêtant à conquérir le globe d’un instant à l’autre et tirant les ficelles d’une « conspiration communiste mondiale » athée, toujours disposée à prendre d’assaut les bastions de la liberté. Cela suffit encore moins à expliquer la rhétorique de campagne d’un John Fitzgerald Kennedy en 1960, à une époque où l’on ne pouvait guère prétendre que « notre société moderne de liberté - la nouvelle forme du capitalisme », comme disait le Premier ministre britannique Harold Macmillan, courût des dangers immédiats.

Pourquoi la perspective énoncée par des « professionnels du Département d’Etat » à la suite de la guerre a-t-elle pu être qualifiée d’ « apocalyp-tique » ? Pourquoi même le diplomate britannique posé qui rejetait toute comparaison de l’URSS avec l’Allemagne nazie pouvait-il rapporter, depuis Moscou, que le monde était « désormais confronté au danger d’un équivalent moderne des guerres de Religion du XVIe siècle, où le communisme soviétique disputera la domination du monde à la social-démocratie occidentale et à la version américaine du capitalisme » ? Car il est aujourd’hui clair (et même déjà probable en 1945-1947) que l’URSS n’était pas expansionniste - encore moins agressive - et n’envisageait aucune progression du communisme au-delà des limites convenues aux sommets de 1943-1945. En réalité, alors que Moscou contrôlait sa clientèle de régimes et de mouvements communistes, ceux-ci étaient précisément engagés à ne pas construire d’Etats sur le modèle de l’URSS, mais des économies mixtes dans le cadre de démocraties parlementaires pluripartites, qui n’avaient rien à voir avec la « dictature du prolétariat » et « moins encore » avec un parti unique, que les documents internes du parti ne jugeaient « ni utiles ni nécessaires ». Les seuls régimes communistes qui refusèrent de suivre cette ligne furent ceux dont les révolutions, activement découragées par Staline, échappèrent au contrôle de Moscou : par exemple, la Yougoslavie. De surcroît, bien qu’on ne l’ait guère remarqué, l’Union soviétique démobilisa ses troupes - son principal atout militaire - presque aussi vite que les Etats-Unis : d’effectifs records de près de douze millions d’hommes en 1946, l’Armée rouge fut réduite à trois millions fin 1948 (New York Times, 24 octobre 1946 ; 24 octobre 1948).

Toute analyse rationnelle indique que l’URSS ne présentait pas de danger immédiat pour qui était hors de portée des forces d’occupation de l’Armée rouge : elle sortit de la guerre en ruine, saignée à blanc et épuisée, son économie de paix en lambeaux, avec un gouvernement qui se défiait d’une population dont une bonne partie, en dehors de la Grande Russie, avait fait montre d’un manque d’attachement au régime clair et compréhensible. Sur ses franges occidentales, elle continua pendant quelques années à avoir des difficultés avec les guérillas nationalistes ukrainienne et autres. Elle était dirigée par un dictateur - J.V. Staline - aussi timoré hors du territoire qu’il contrôlait directement qu’implacable à l’intérieur. Elle avait besoin de toute l’aide économique qu’elle pouvait obtenir et, en conséquence, n’avait à court terme aucun intérêt à indisposer la seule puissance qui pût la lui apporter : les Etats-Unis. Sans doute, en tant que communiste, Staline croyait-il que le capitalisme laisserait inévitablement la place au communisme : dans cette mesure, la coexistence des deux systèmes n’était pas appelée à durer. Mais, du point de vue des planificateurs soviétiques, le capitalisme en tant que tel n’était pas en crise à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils ne doutaient pas qu’il avait encore une longue vie devant lui sous l’hégémonie des Etats-Unis, dont la richesse et le pouvoir considérablement accrus n’étaient que trop évidents. C’est précisément ce que l’URSS soupçonnait et qui lui faisait peur. Loin d’être agressive, son attitude au lendemain de la guerre était défensive.

C’est cependant leur situation qui dicta aux deux camps une politique d’affrontement. Sachant la précarité et l’insécurité de sa position, l’URSS faisait face à la puissance mondiale des Etats-Unis, conscients de la précarité et de l’insécurité de l’Europe centrale et occidentale, et de l’avenir incertain d’une bonne partie de l’Asie. L’affrontement se serait probablement produit même sans idéologie. George Kennan, le diplomate américain qui au début de l’année 1946 formula la politique d’ « endiguement » (containment) que Washington adopta avec enthousiasme, ne croyait pas que la Russie fît croisade pour le communisme et, ainsi que la suite de sa carrière le démontra, il était loin d’être un croisé idéologique (sauf, peut-être, contre la politique démocratique, dont il avait une piètre opinion). Bon expert de la Russie issu de la vieille école diplomatique de la politique de puissance (ils étaient nombreux dans ce cas dans les ministères européens des Affaires étrangères), il voyait dans la Russie, tsariste ou bolchevique, une société arriérée et barbare dirigée par des hommes mus par un « sentiment d’insécurité traditionnel et instinctif chez les Russes » : un pays qui se coupait toujours du monde extérieur, toujours sous la férule d’autocrates, qui ne cherchait sa « sécurité » que dans une lutte patiente et mortelle pour la destruction totale de la puissance rivale, plutôt que dans des pactes et des compromis. En conséquence, elle n’était sensible qu’à la « logique de la force », jamais à la raison. Naturellement, le communisme, à ses yeux, rendait plus dangereuse la vieille Russie, la plus brutale des grandes puissances étant renforcée par la plus implacable des idéologies utopiques, c’est- à-dire vouée à conquérir le monde. Autrement dit, la seule « puissance rivale » de la Russie, à savoir les Etats-Unis, aurait dû « l’endiguer » même si elle n’avait pas été communiste.

Par ailleurs, du point de vue de Moscou, la seule stratégie rationnelle pour défendre et exploiter sa position nouvelle, redoutable mais fragile, de puissance internationale était exactement la même : aucun compromis. Nul ne savait mieux que Staline à quel point son jeu était mauvais. Il n’y avait pas de négociation possible sur les positions accordées par Roosevelt et Churchill à l’époque où l’effort soviétique était essentiel pour vaincre Hitler et où on le croyait encore décisif contre le Japon. L’URSS pouvait bien être disposée à se retirer de toute position située au-delà des lignes convenues aux sommets des années 1943-1945, et surtout à Yalta - par exemple sur les frontières de l’Iran et de la Turquie en 1945-1946 ; en revanche, toute velléité de remettre en cause Yalta ne pouvait qu’essuyer un refus sans appel. Le niet de Molotov, le ministre des Affaires étrangères de Staline, dans toutes les rencontres internationales devint célèbre. Les Américains avaient le pouvoir, même si ce n’était que de justesse. Jusqu’en décembre 1947, il n’y eut pas d’avions pour transporter les douze bombes atomiques disponibles, ni de militaires capables de les assembler. L’URSS n’en avait pas. Washington ne voulait rien céder, sauf contre des concessions : or c’était précisément ce que ne pouvait se permettre Moscou, même en contrepartie d’une aide économique dont elle avait désespérément besoin, mais que de toute façon les Américains ne voulaient pas lui donner, prétendant avoir « égaré » la demande de prêt pour l’après-guerre que les Soviétiques leur avaient adressée avant Yalta.

Bref, alors que les Etats-Unis s’inquiétaient du danger d’une possible suprématie soviétique dans l’avenir, Moscou se préoccupait de l’hégémonie bien réelle des Etats-Unis dans toutes les parties du globe que n’occupait pas l’Armée rouge. Il ne fallait pas grand-chose pour transformer une URSS épuisée et appauvrie en une nouvelle région cliente de l’économie américaine, plus forte à l’époque que tout le reste du monde réuni. L’intransigeance était la tactique logique. Que Moscou abatte ses cartes !

Mais cette politique d’intransigeance mutuelle, voire de rivalité permanente de puissance, n’implique pas un danger quotidien de guerre. Au XIXe siècle, les secrétaires britanniques aux Affaires étrangères, pour qui il allait de soi qu’il fallait « endiguer » à la manière kennanienne les poussées expansionnistes de la Russie tsariste, savaient parfaitement que les moments de confrontation ouverte étaient rares, et les crises guerrières plus rares encore. L’intransigeance mutuelle n’implique nullement une politique de lutte à mort ou de guerres de Religion. Mais deux éléments contribuèrent à déplacer la confrontation du domaine de la raison à celui de l’émotion. Comme l’URSS, la puissance des Etats-Unis représentait une idéologie, dont la plupart des Américains croyaient sincèrement qu’elle était un modèle pour le monde. A la différence de l’URSS, l’Amérique était une démocratie. Et il faut bien dire, hélas, que, des deux, la seconde était probablement la plus dangereuse.

Car, bien qu’il ait lui aussi diabolisé l’antagonisme mondial, le gouvernement soviétique n’avait pas à s’inquiéter d’obtenir la majorité au Congrès ni à penser aux élections du président et du Congrès. Le gouvernement américain, oui. A cette double fin, un anticommunisme apocalyptique avait son utilité : il était donc une tentation, même pour des hommes politiques qui n’étaient pas sincèrement convaincus par leur propre rhétorique, ou pour un James Forrestal (1882-1949), le secrétaire à la Défense du président Truman, cliniquement assez fou pour se suicider parce qu’il voyait les Russes entrer par la fenêtre de son hôpital. Un ennemi extérieur menaçant les Etats-Unis était bien commode pour des gouvernements qui avaient conclu, à juste raison, que leur pays était désormais une puissance mondiale - en fait, de loin la plus grande - et qui voyaient encore dans l’ « isolationnisme » ou dans un protectionnisme défensif le principal obstacle intérieur.

Si l’Amérique elle-même n’était pas en sécurité, il ne pouvait être question pour elle de fuir les responsabilités - et les gratifications - du leadership mondial comme après la Première Guerre mondiale. Plus concrètement, l’hystérie publique aidant, il devint plus facile aux présidents de réunir les sommes considérables nécessaires à leur politique auprès de citoyens notoirement peu enclins à payer leurs impôts. Et l’anticommunisme était authentiquement et viscéralement populaire dans un pays fondé sur l’individualisme et l’entreprise privée, où la nation elle-même se définissait en termes exclusivement idéologiques (l’ « américanisme ») et qui se laissait pratiquement définir comme l’antipode du communisme. (N’oublions pas les voix des émigrés de l’Europe de l’Est soviétisée.) Ce n’est pas le gouvernement américain qui lança la sordide et irrationnelle frénésie de la chasse aux sorcières contre les « Rouges », mais des démagogues - par ailleurs insignifiants (pour certains, comme le tristement célèbre sénateur Joseph McCarthy, même pas particulièrement anticommunistes) - qui comprirent tout le parti politique qu’il y avait à tirer d’une dénonciation tous azimuts de l’ennemi de l’intérieur. J. Edgar Hoover (1895-1972), le quasiment inamovible patron du Federal Bureau of Investigations (FBI), y avait vu de longue date le moyen de renforcer sa bureaucratie. « L’attaque des Primitifs », comme l’appela l’un des principaux artisans de la guerre froide, facilita et contraignit à la fois la politique de Washington, tout en la poussant aux extrêmes. Tel fut surtout le cas dans les années qui suivirent la victoire des communistes en Chine, dont Moscou fut naturellement accusée.

Au même moment la demande schizophrénique émanant de politiciens, soucieux de leur électorat, pour la mise en œuvre d’une politique susceptible de contenir la vague d’ « agression communiste », d’économiser de l’argent et de perturber le moins possible le confort des Américains, engageait Washington, et ses alliés, non seulement dans une stratégie essentiellement nucléaire, fondée sur des bombes plutôt que sur des hommes, mais surtout dans une stratégie plus inquiétante de « représailles massives », annoncée en 1954. L’agresseur potentiel devait être menacé de frappes nucléaires, même en cas d’attaque conventionnelle limitée. Bref, les Etats-Unis campaient sur une attitude agressive, avec une souplesse tactique minime.

Ainsi les deux camps se trouvèrent-ils engagés dans une folle course aux armements qui conduisait à la destruction mutuelle, avec des généraux et des intellectuels « nucléaires », professionnellement contraints d’ignorer ce délire. Des deux côtés on se trouva pris dans ce que l’ex-président Eisenhower, modéré de la vieille école qui dirigea cette descente en absurdie sans se laisser totalement contaminer, nomma le « complexe militaro-industriel » ; en d’autres mots, l’accumulation sans cesse croissante d’hommes et de ressources qui vivaient dans la préparation de la guerre. Jamais encore il n’y avait eu de positions aussi fortes en période de paix stable entre les puissances.

Qui fut donc responsable de la guerre froide ? Puisque le débat sur cette question a longtemps été un match de ping-pong idéologique entre ceux qui blâmaient exclusivement l’URSS et l’école révisionniste (surtout américaine, il faut bien le dire), pour qui la faute incombait essentiellement aux Etats-Unis, il serait tentant de rejoindre les médiateurs historiques qui imputent la guerre froide à la montée de la peur mutuelle - depuis la confrontation jusqu’au jour où les deux « camps en armes ont commencé à se mobiliser sous leurs étendards rivaux ». C’est vrai, mais ce n’est pas toute la vérité. Sans doute cela explique-t-il ce qu’on a appelé le « gel » des fronts en 1947-1949 ; la partition progressive de l’Allemagne, de 1947 jusqu’à la construction du mur de Berlin en 1961 ; l’échec des anticommunistes du camp occidental, qui, le général de Gaulle mis à part, ne surent éviter une implication totale dans l’alliance militaire sous domination américaine ; et, du côté est de la ligne de partage, à l’exception du maréchal Tito en Yougoslavie, l’incapacité à éviter une subordination totale envers Moscou.

Mais cela n’explique pas le ton apocalyptique de la guerre froide. Qui vint de l’Amérique. Tous les gouvernements ouest-européens sans exception, avec ou sans grands partis communistes, étaient de tout cœur anticommunistes et résolus à se protéger contre une possible attaque communiste. Si on leur avait demandé de choisir entre les Etats-Unis et l’URSS, aucun n’aurait hésité, pas même ceux qui, pour des raisons historiques ou politiques ou du fait de négociations, étaient attachés à la neutralité. Reste que, une fois passé l’immédiat après-guerre, la « conspiration communiste mondiale » ne joua plus aucun rôle dans la politique intérieure des pays qui avaient quelque titre à se présenter comme des démocraties politiques. Parmi les pays démocratiques, les Etats-Unis sont le seul où, comme Kennedy en 1960, des présidents furent élus contre le communisme, qui en termes de politique intérieure était aussi insignifiant dans ce pays que le bouddhisme en Irlande. Si un acteur introduisit l’esprit de croisade dans la Realpolitik de la confrontation internationale, et l’y cultiva, c’est bien Washington. En vérité, comme le démontre on ne peut plus clairement la rhétorique de la propagande électorale de Kennedy, la question était non pas la menace abstraite d’une domination communiste du monde, mais le maintien de la suprématie effective des Etats-Unis.


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